La Normandie tient son nom des envahisseurs vikings
qui menèrent des expéditions en Europe à la fin du premier millénaire . On les appelait Northmanorum où Nortmanni , éthymologiquement Hommes du Nord .
En 911 le chef viking Rollon conclut un accord avec Charles le Simple .
C'est le traité de Saint - Clair - sur - Epte
, aux termes duquel le roi lui remet la garde du comté de Rouen en échange d'un serment de vassalité . Rollon devait également protéger l'estuaire de la Seine et Rouen des incursions scandinaves.
Fondateur du Duché de Normandie il ne portera pas le titre de Duc de Normandie , mais celui de " Jarl des Normands "
LE DROIT NORMAND
HARO : haro est une corruption de « ha Rollo », une invocation du nom de Rollon, premier duc de Normandie,que son peuple respectait, tant par ses conquêtes que pour sa justice. On implorait sa protection par une clameur publique, en l'appelant et en proférant son nom . Après sa mort on a continué d'utiliser la même clameur et le terme de « haro ».
Cette coutume de la clameur de haro témoigne de l'attachement séculaire de la Normandie au respect du droit. Le premier exemple le plus mémorable de l'usage qui en a été fait est celui qui eut lieu à l'occasion de la mort à Rouen au mois de septembre 1087 de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d'Angleterre. Le corps de ce dernier avait été transporté dans l'église de Saint-Étienne de Caen qu'il avait fait bâtir lorsqu'un pauvre homme de la ville de Caen, du nom d'Asselin, osa arrêter la pompe funèbre du prince par une clameur de haro en déclarant que l'église avait été bâtie sur un terrain volé à son père et qu'il s'opposait à ce qu'on enterre le Conquérant. Cette clameur de haro interrompit les funérailles, le temps pour les évêques et les seigneurs présents de faire une enquête et de reconnaître le bien-fondé de la réclamation d'Asselin auquel fut payé la somme demandée pour prix du terrain.
Lors de la réunion de la Normandie à la couronne, la Normandie avait stipulé que la clameur de haro serait maintenue avec tous ses effets juridiques, d'où vient que les rois de France ajoutèrent dans toutes leurs ordonnances, édits, déclarations et lettres patentes, la clause, « nonobstant charte normande et clameur de haro », ce qui montre que cette clameur paraissait avoir assez d'autorité pour faire obstacle à l'exécution des nouvelles lois s'il n'y était pas dérogé par une clause expresse. Cet usage ne cessa qu'avec la Révolution.
Les femmes pouvaient intenter cette clameur . Elle pouvait être intentée contre des ecclésiastiques, sans qu'ils puissent décliner la jurisdiction séculière, mais elle ne pouvait être intentée contre le Roi,
Dès que le haro était crié sur quelqu'un, celui-ci était fait prisonnier du Roi . Toute entreprise devait cesser de part et d'autre, sous peine d'amende contre celui qui aurait fait quelque chose au préjudice et d'être condamné à rétablir ce qu'il aurait emporté ou défait.
Existant encore, sous différentes formes, dans les îles de l'archipel normand toujours régies par la coutume de Normandie, la clameur de haro permet toujours à quiconque d'obtenir la cessation immédiate de toute action qu'il considère enfreindre ses droits.
Dans le bailliage de Guernesey , en Sercq, le plaignant doit, en face du témoin, se découvrir la tête, s'agenouiller, réciter « Haro, haro, haro ! Au nom de Dieu et de la Reine, laissez ce travail... », et le Notre Père (en français). La plainte doit être ensuite enregistrée à l'office du greffe dans les vingt-quatre heures. Toutes les actions contre la personne doivent alors cesser jusqu'à ce que l'objet du différend soit entendu par la cour de justice. La dernière « clameur » enregistrée a été prononcée en juin 1970